Les 10 Jours pour la Victoire : Yves Lévy “Sarkozy, le savant fou de la génétique”
Le professeur Yves Lévy, président du Comité Scientifique et Médical de Sidaction et chef du département d’immunologie clinique à l’hôpital Henri Mondor à Créteil est venu débattre, jeudi 19 avril 2007 à 21 h au Comité 748 – Désirs d’avenir sur Second Life .
Après un point complet et précis sur la lutte contre le SIDA en France, Yves Lévy a ensuite abordé la vive polémique suscitée par l’entretien à tendance eugéniste de Nicolas Sarkozy publiée dans le dernier numéro de Philosophie Magazine.
Yves Lévy a témoigné de sa grande indignation quant aux propos tenus par Nicolas Sarkozy sur le rôle de la génétique dans le développement de comportements tels que la délinquance, la pédophilie et, dernière surenchère, l’homosexualité. Il lui a semblé dangereux qu’un candidat à l’élection présidentielle fasse si peu cas de l’exactitude scientifique au profit de thèses qui ne peuvent qu’encourager à terme la sélection génétique des membres de la société. Le code génétique est un héritage, a-t-il précisé, mais l’être humain se construit de manière plus complexe par la société, l’éducation, l’environnement dans lequel il évolue. Mettre en avant les caractéristiques innées de la personne pour justifier, encadrer, réprimer son comportement, c’est de la part du candidat de l’UMP, nier la possibilité de toute action de prévention, de formation et s’acheminer sur les voies périlleuses de l’eugénisme. Il a précisé que ce qu’il y a de plus important dans les gènes, c’est la façon dont on les régule, dont on les contrôle et en cette matière, Nicolas Sarkozy a sans doute encore beaucoup à faire!
En ce qui concerne le SIDA, Yves Lévy a rappelé que cette pandémie constituait un défi majeur pour les acteurs politiques dans la mesure où elle est au centre des thématiques de la recherche, de la lutte contre la pauvreté, de l’éducation, de la lutte contre l’exclusion.
Il a fait un constat critique sur la prévention qui connaît une relâche aujourd’hui, principalement auprès des jeunes et des personnes ayant des comportements à risque. La personne qui sera présidente de la République devra prendre acte de cette régression des attitudes de prévention.
Il a déclaré urgente la nécessité d’encourager l’usage du seul moyen de prévention aujourd’hui efficace, le préservatif, par sa large mise à disposition auprès des jeunes dans les établissements d’enseignement public, et en direction des personnes ayant des pratiques à risques. Il a également exprimé sa préoccupation sur les conditions des personnes infectées par le VIH et des diverses situations de discriminations qu’elles subissent. Il y a donc une problématique sociale qu’il faut prendre en compte toute l’année, et non pas seulement lors de l’annuel Sidaction, pour sortir ces personnes de l’isolement. Il s’est également penché sur les problèmes que rencontrait la recherche, le manque de moyens, plus sensible encore pour les jeunes chercheurs, ainsi que le manque de reconnaissance des corps de métiers comme les infirmiers.
Vous pouvez entendre l’intégralité du débat audio avec Yves Lévy ici même.