Conférence débat au Comité 748, l’UNESCO sur Second Life !!

Jérôme Bindé est Sous-Directeur général adjoint pour les sciences sociales et humaines et Directeur de la Division de la prospective à l’UNESCO. Jérôme a écrit, dirigé, compilé, bref commis un rapport passionnant intitulé ” Vers les sociétés du savoir “. En septembre dernier à Bogotá (qu’on appellait autrefois “l’Athènes de l’Amérique latine”) Jérôme a participé à une conférence. Nous vous livrons ici son intervention. Cela vous donnera une bonne idée de ce pourquoi nous l’avons invité.
A vos cassettes, jeudi 1er mars à 21:00 !

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ORGANISATION DES NATIONS UNIES POUR L’EDUCATION, LA SCIENCE ET LA CULTURE

IIIème Rencontre internationale de chercheurs :
Connaissance, innovation et développement humain
Communication de M. Jérôme Bindé
Sous-Directeur général adjoint pour les sciences sociales et humaines
Directeur de la Division de la prospective à l’UNESCO

Sociétés du savoir et développement humain : Vers de nouvelles valeurs ?
Bogotá, 5 septembre 2006

Les sociétés du savoir sont-elles un rêve, une utopie ? sont-elles le dernier slogan à la mode de la « reporting society » ?
Nous ne le pensons pas à l’UNESCO : nombre d’indices permettent en effet de supposer que nous sommes à l’aube d’un nouvel âge, celui des sociétés du savoir. Les révolutions scientifiques du siècle précédent, puis la troisième révolution industrielle, celle des nouvelles technologies, ont donné naissance à une économie de la connaissance, qui place le savoir au cœur des activités humaines, du développement et des transformations sociales.
Certes, l’information n’est pas le savoir, et la connaissance est depuis toujours à la base des progrès techniques et du développement de la communication. Mais nous voyons aujourd’hui se nouer sur la planète des réseaux, un lien puissant entre information et savoir. Pour l’UNESCO, la société mondiale de l’information en gestation, une société de l’information d’ailleurs encore très partiellement mondiale, ne trouvera tout son sens que si elle facilite l’émergence de sociétés du savoir pluralistes et participatives, qui incluent au lieu d’exclure.

Serions-nous donc simplement dans une société de l’information à de tout autres échelles d’échanges que par le passé ? Nous ne le croyons pas. Car l’actuelle révolution, qui est indissolublement technologique et cognitive, possède deux traits profondément originaux. Le premier, c’est l’accroissement sans précédent de la codification du savoir par la révolution de l’information, et son lien direct avec l’industrie, l’économie et l’innovation. Castells identifie un second trait distinctif : ce qui distingue l’actuelle révolution technologique, ce n’est pas tant le rôle majeur du savoir et de l’information que l’application de ceux-ci aux procédés de création des connaissances et de traitement ou de diffusion de l’information. Ainsi se crée «une boucle de rétroaction (feedback) cumulative entre l’innovation et ses utilisations pratiques ».
En outre, l’éducation, les sciences, l’information, la communication et la culture, en d’autres termes les domaines de compétence del’UNESCO, apparaissaient encore naguère, sans doute à tort, comme des entités relativement séparées. Leur importance stratégique pour l’avenir des sociétés humaines saute aux yeux aujourd’hui : ce sont désormais les principaux facteurs de développement. Mais c’est leur interaction et leur interpénétration même qui est aussi de plus en plus stratégique. En ce sens, on peut dire que les sociétés du savoir sont des sociétés de réseaux « conductrices » de connaissance, qui décloisonnent les différents secteurs de l’activité intellectuelle, de l’apprentissage ou de la connaissance.

Est-ce à dire que le XXIème siècle verra l’essor de sociétés du savoir partagé ? Comme le souligne le Rapport mondial de l’UNESCO, Vers les sociétés du savoir, il ne devrait pas y avoir d’exclus dans les sociétés du savoir, puisque la connaissance est un bien public qui devrait être accessible à tous.
Cependant, on ne saurait écarter d’un revers de main l’argument de ceux qui, à la suite du grand historien Fernand Braudel, estiment que les économies-monde renforcent la polarisation entre un (ou des) centre(s) prospères, où se concentrent compétences, savoirs et richesses, et des périphéries appauvries et vidées de leurs ressources. Bon nombred’économistes et de chercheurs pensent dans cette perspective qu’à l’instar de ce qui s’est passé au XIXe siècle avec le chemin de fer et le télégraphe, la nouvelle réduction des coûts de transport et de communication causée par la troisième révolution industrielle, l’essor des réseaux et la nouvelle phase de mondialisation qui l’accompagne renforcent la polarisation desrichesses, des savoirs et des compétences autour de quelques pôles trèslocalisés sur l’espace planétaire, les pays du Sud étant irrémédiablement distancés dans la course à l’économie de la connaissance.
On doit prendre en considération cet argument de la polarisation, mais sans en faire une fatalité. Le savoir peut en effet être un levierpuissant dans la lutte contre la pauvreté et le sous-développement.

Prenons l’exemple de Villa el Salvador, une ville du Pérou surgie en 1971 du désert à l’initiative de quelques milliers de personnes, refoulées des bidonvilles de Lima. Sans aucune aide extérieure, ces habitants construisent des maisons et des routes, des centres d’éducation ; ils créent des associations. Villa el Salvador cumule tous les handicaps, mais une action résolue de développement participatif, où les associations de femmes ont joué un très grand rôle, permet peu à peu de transformer ce bidonville en une ville organisée. En 1987, le Conseil municipal crée l’Université libre de Villa el Salvador. Aujourd’hui, 98% des enfants y sont scolarisés et le taux d’analphabétisme des adultes (4,5%) y est le plus faible du pays La ville compte plus de quinze mille étudiants. La municipalité a investi dans les technologies de l’information et chaque habitant, désormais relié à l’Internet, peut s’exprimer sur les sujets à l’ordre du jour.
Villa el Salvador est ainsi le laboratoire d’un nouveau type de démocratie associative.
Cet exemple est loin d’être isolé, car dans toutes les régions du monde, un certain nombre de pays sont en train de se transformer et de promouvoir un nouveau style de développement, fondé sur la connaissance. L’exemple de Villa el Salvador montre l’extraordinaire développement que peut connaître en deux générations une ville créée à partir de rien, qui a investi dans le savoir, l’éducation et les nouvelles technologies.

J’aurais pu tout aussi bien évoquer d’autres exemples de villes, de collectivités territoriales et locales, ou de pays des différentes régions du monde, dont l’expérience mériterait d’être mise en relief. L’essor des sociétés du savoir peut être une chance pour les pays émergents et le bien-être de leurs populations. L’exemple d’un certain nombre de pays du Sud
montre que des investissements massifs pendant plusieurs décennies dans l’éducation et la recherche scientifique permettent de réduire de manière très importante la pauvreté absolue.
Nous savons donc bien aujourd’hui que l’essor de sociétés du savoir, et d’un savoir authentiquement partagé, est la voie qui nous permettra de lutter efficacement contre la pauvreté et de prévenir les risques sanitaires majeurs tels que les pandémies ; de réduire les terribles pertes humaines causées par les tsunamis et les tempêtes tropicales et de promouvoir un développement humain et durable. Car de nouveaux styles de développement sont aujourd’hui à notre portée : ils ne sont plus fondés, comme jadis, sur « la sueur, le sang et les larmes » (Amartya Sen, paraphrasant Churchill), mais sur l’intelligence, les capacités scientifico-techniques de traiter les problèmes, la valeur ajoutée intellectuelle, et l’expansion des services dans tous les secteurs de l’économie, ce qui devrait favoriser un développement citoyen et, face à la société du risque, l’essor d’une démocratie prospective.

Plusieurs obstacles s’opposent cependant à l’essor de sociétés du savoir partagé :
• La fracture numérique : pas de connexion, pas d’accès. Or 2 milliards d’individus ne sont pas reliés à un réseau électrique, et 4,5 milliards n’ont pas ou peu accès aux télécommunications de base. Certes le nombre d’internautes augmente sans cesse, atteignant 11% de la population mondiale, 14% même de la population au-dessous de 15 ans selon l’enquête la plus récente. Mais cette progression est facile et rapide pour l’instant, car elle concerne surtout le cinquième de la population humaine qui concentre dans ses mains 80% des ressources. Qu’adviendra-t-il quand le nombre d’internautes frisera les 20% ou le quart de la population mondiale ?
• La fracture cognitive, encore plus profonde et bien plus ancienne que la fracture numérique : cette fracture divise profondément Nord et Sud, mais aussi chaque société. Elle sépare les régions où ont prospéré depuis longtemps des institutions scientifiques, et les autres, où de telles réalisations n’ont pas lieu, ont périclité ou demeurent récentes et fragiles.
• La concentration du savoir, et notamment des savoirs de pointe, ainsi que des investissements scientifiques et éducatifs majeurs, sur des aires géographiques restreintes, ce qui entraîne l’aggravation de lafuite des cerveaux, du Sud vers le Nord, mais aussi entre pays du Nord, et entre pays du Sud.

• Le savoir est par principe objet de partage ; mais dès lors qu’il est converti en information, il a un prix : où se situe le nécessaire compromis entre l’universalité du savoir et la nécessité qu’il soit accessible à tous, et le respect des droits de propriété intellectuelle ?
• L’essor des sociétés du savoir partagé est aujourd’hui entravé par l’aggravation de fractures sociales, nationales, urbaines, familiales, scolaires qui affectent un grand nombre de pays, et par la persistance de la fracture entre hommes et femmes (gender divide) : aujourd’hui 29% des jeunes filles de la planète ne sont pas scolarisées et, à l’échelle mondiale, les femmes sont sous-représentées dans les métiers de la recherche.
Pour vaincre ces obstacles, les nations du monde vont devoir investir massivement dans l’éducation, la recherche, l’infodéveloppement et le développement de « sociétés apprenantes ». Il en va de l’avenir de chaque pays, car les nations qui n’investissent pas suffisamment dans le savoir et dans une éducation et une science de qualité compromettent leur propre futur : la fuite des cerveaux risque, à terme, de les priver d’une proportion importante de leur jeunesse la plus éduquée et la mieux formée, et de les vider de leurs forces vives. L’exode rural contemporain des deux premières révolutions industrielles avait créé dans un pays comme la France ce qu’on appelait des départements tombeaux désertés par la jeunesse. Demain, y aura-t-il des « nations-tombeaux » ?

Le Rapport mondial de l’UNESCO propose des solutions concrètes et met en avant dix recommandations principales pour favoriser l’essor de sociétés du savoir. En voici quelques-unes :
o L’investissement dans une éducation et une recherche de qualité doit devenir, là où elle ne l’est pas, la priorité des gouvernements. Un effort particulier doit être effectué dans les pays en développement.
Pour ne donner qu’un exemple, 3 millions d’enseignants font actuellement défaut à l’Afrique subsaharienne. Il va de soi que les pays les moins avancés ne s’en sortiront pas seuls. Outre l’aide publique au développement qui doit être d’avantage orientée vers l’éducation et la recherche, et les remises de dette, de nouveauxinstruments permettent d’aider ces pays. Je citerai en particulier les réaffectations de dette ou debt swaps : les créanciers annulent le remboursement de la dette et des intérêts de la dette si le pays débiteur s’engage fermement à investir les montants ainsi économisés dans des politiques d’éducation et de recherche.
o Gouvernements, secteur privé et partenaires sociaux devraient explorer la possibilité de mettre en place progressivement, au cours du XXIème siècle, un « crédit-temps » d’éducation donnant droit à un certain nombre d’années d’enseignement après la fin de la scolarité obligatoire, utilisable selon les choix de chacun : ainsi tous pourraient se former tout au long de la vie, et auraient une seconde chance s’ils sont sortis tôt du système éducatif.
o On doit investir davantage dans le domaine de la recherche scientifique ; mais il faut aussi promouvoir une recherche de qualité en phase avec les défis du futur, et des modalités concrètes et novatrices de partage de savoir, telles que le « collaboratoire » : cette nouvelle institution virtuelle qui réunit dans le même mot laboratoire et collaboration, désigne l’ensemble des techniques, outils et équipements permettant à des chercheurs de travailler en réseau à travers les frontières. Cette innovation, qu a permis par exemple le décryptage du génome humain, pourrait changer la relation Nord-Sud en matière de science. Elle permettrait de freiner la fuite des cerveaux, tout en offrant des plate-formes de partage du savoir entre les régions de la planète.
o Le partage du savoir scientifique et environnemental permettra également de prévenir un nombre croissant de risques naturels.
Après la terrible catastrophe du tsunami, l’UNESCO a commencé à mettre en place un système d’alerte global qui permettra de donner, en temps réel, des informations pour toutes sortes de risques naturels : sécheresses, incendies, inondations, ouragans, tremblements de terres ou éruptions volcaniques.
o Face à la fracture numérique, il faut multiplier les lieux d’accès communautaires aux technologies de l’information et de la communication. Pour faciliter l’accès universel aux réseaux, il importe de s’appuyer sur le succès de certaines expériences actuelles en la matière : on devrait multiplier à l’échelle nationale, notamment dans les pays en développement, les lieux d’accès communautaire, en particulier les centres multimédias communautaires (CMC), initiative de l’UNESCO qui favorise la diffusion et le partage du savoir et font des technologies de l’information et de la communication de nouveaux vecteurs de socialisation. Pour ne citer qu’un exemple parmi les dizaines de CMC qu’a déjà créés l’UNESCO, notamment en Afrique subsaharienne, le 6ème CMC d’Ethiopie, inauguré à Harar en août 2005, met à la disposition de la population locale 5 ordinateurs équipés d’un accès Internet, de scanners, d’imprimantes et d’appareils de photographie numérique.
Le centre de Harar assure également des cours d’alphabétisation et de formation aux nouvelles technologies. Nombre de CMC associent accès à l’Internet, photocopies, fax et radio communautaire.
o Il faut aussi promouvoir la diversité linguistique dans les nouvelles sociétés du savoir et valoriser les savoirs locaux, traditionnels et autochtones.
On nous dira que peut-être que ces différentes mesures coûtent cher, et peut-être trop cher, à des pays souvent lourdement endettés. D’où la question : le Sud peut-il s’offrir les sociétés du savoir ? Je répondrai que tous les pays qui ont investi massivement dans l’éducation, la recherche scientifique et l’info développement ont toujours eu un retour sur
investissement, en terme de croissance économique (c’est le cas de nombre de pays de l’Asie de l’Est et du Sud-est) ou de développement humain de leurs populations. Ainsi, l’état indien du Kerala, malgré un faible revenu par habitant, présente des indicateurs sociaux et un niveau de développement proches de ceux des pays industrialisés : l’espérance de vie y est de 73 ans ; le taux de scolarisation dépasse les 90% ; et les ingénieurs et les chercheurs formés au Kerala sont convoités par les institutions universitaires et les entreprises du monde entier. J’ajouterai que le financement des sociétés du savoir n’est pas prohibitif. Le monde a consacré l’an passé 1118 milliards de dollars aux dépenses militaires, et ce chiffre augmente constamment depuis plusieurs années. Or il suffirait de 9 milliards de dollars supplémentaires par an pour faire en sorte, d’ici à 2015, que tous les enfants de la planète puissent être scolarisés.
Tout est donc possible. En publiant le rapport mondial Vers les sociétés du savoir, l’UNESCO souhaite attirer l’attention des gouvernements nationaux et locaux, des organisations multilatérales internationales et régionales, du secteur privé, des ONG et de la société civile. L’essor de sociétés du savoir partagé est à notre portée. Ne laissons pas passer cette chance.

L’un des traits les plus saillants des sociétés du savoir naissantes est l’importance qu’y joue la prospective, puisque, comme le souligne le Rapport mondial, la prospective est le préalable obligé de toute action préventive et de toute politique qui se donne un horizon de long terme et qui se fonde sur la mobilisation de savoirs et d’expertises. Qui dit société du savoir dit donc nécessairement renforcement de la prospective, et c’est là l’un des indicateurs-clés qui permet de dire si une société donnée est bien placée sur l’échelle des sociétés du savoir.
Ce n’est pas un hasard, par exemple, si la Finlande est à la fois le pays sans doute le plus avancé sur l’échelle des sociétés du savoir et celui où la prospective est devenu un véritable exercice national et sociétal.
Mais la réflexion prospective, par un mouvement auto-réflexif, ne doit-elle pas être appliquée en retour au phénomène des sociétés du savoir aujourd’hui en plein essor, et à l’évolution des valeurs qui leur est indissolublement liée ?
Parallèlement au travail de recherches que nous avons mené sur les sociétés du savoir dans le cadre du programme de prospective de l’UNESCO, nous avons posé la question : « Où vont les valeurs ? ». C’est le titre, d’ailleurs, de la 2
ème anthologie des Entretiens du XXIe siècle, récemment parue en espagnol et en catalan, et publiée ou à paraître dans une dizaine d’autres langues.
Ces deux questions : « Allons-nous vers des sociétés du savoir ? » et « Où vont les valeurs ? » sont en effet profondément liées.
Paul Valéry avait déjà remarqué que notre conception des valeurs morales ou esthétiques tendait à se rapprocher, dans un monde dominé par la spéculation, du modèle de la valeur boursière. Il n’y a plus d’étalon fixe des valeurs, de mesure stable et absolue, mais toutes les valeurs fluctuent sur un vaste marché, leurs cotes montent et descendent au gré des engouements, des paniques et des paris les plus subjectifs. La valeur “esprit”, disait-il plaisamment, n’est pas différente d la valeur “blé” ou “charbon”, et elle ne cesse de baisser…

Cette façon conjoncturelle, momentanéiste, boursière, de concevoir les valeurs, renvoie à un grand nombre de phénomènes éthiques ou esthétiques du monde contemporain. Le rôle de l’information et des médias renforce cette orientation, puisque la logique boursière des valeurs, comme celle de la mode et des tendances courtes, implique la prise en compte de multiples “indicateurs” passagers, à saisir dans l’instant, l’information instantanée remplaçant le sens de l’Histoire et la reconnaissance de ses évolutions longues devenues illisibles.

Paul Valéry, « La liberté de l’esprit », in Regards sur le monde actuel et autres essais, Paris, Gallimard, 1946.

Cependant, comment, dans un monde dominé par la loi de l’offre et de la demande, penser encore le sérieux des valeurs, si celles-ci sont conçues sur un modèle, celui des valeurs boursières, qui privilégie leur volatilité et leur frivolité ? N’est-ce pas à l’horizon d’un nouveau dispositif de valeurs de long terme, que semble préfigurer l’essor de sociétés du savoir et de la formation tout au long de la vie, que la question centrale de l’éducation peut encore trouver sa place ?
Le XXIe siècle pourrait être pris dans une étrange contradiction : jamais l’éphémère n’aura été si valorisé ; pourtant, l’émergence de sociétés du savoir, qui tend à faire de l’éducation pour tous tout au long de la vie non plus un simple rêve, mais un projet, et de la famille plus un lieu d’expérimentation que d’autorité, paraît préfigurer l’essor d’un nouveau dispositif de valeurs de long terme à la fois sérieuses, ludiques et juvéniles.
Lorsque s’estompent les frontières entre les trois âges de la vie, de nouvelles valeurs, à la fois cognitives et prospectives, semblent émerger. Elles sont moins héritées qu’inventées, moins reproduites que créées, moins reçues que transmises.
Avec la diffusion, à l’échelle mondiale, de ces nouvelles valeurs qui sont liées à l’essor des réseaux, de l’auto-création individuelle, de l’association et de la participation, peut-on espérer trouver un autre chemin dans la forêt obscure de la mondialisation que celui qui mène à l’hypothèse d’un « clash » des valeurs ou d’un choc mondial entre systèmes éthiques prétendument incompatibles ? La mondialisation, contrairement à l’idée reçue, n’est pas réductible à la seule intégration des
marchés ou à l’émergence d’une pensée globale. La mondialisation est aussi sentiment d’appartenance au monde, comme l’ont pensé dès l’empire romain les philosophes stoïciens, inventeurs du concept de cosmopolitisme. Selon Edgar Morin, l’histoire de la première mondialisation (celle des explorateurs, des technologies et de la colonisation, qui a vu prévaloir toutes sortes d’hégémonies et de dominations), ne saurait nous dissimuler l’essor d’une seconde mondialisation, la mondialisation des consciences. De Las Casas et Montaigne aux ONG et aux mouvements civiques mondiaux contemporains, cette deuxième mondialisation s’est appuyée sur la pensée de notre commune humanité et la vision prospective d’une citoyenneté planétaire ; et elle est un phénomène politique, philosophique et spirituel tout autant que culturel. Est-ce à dire que serait possible cette coexistence harmonieuse entre les cultures que chantent les gais prophètes d’une mondialisation heureuse et pacifiée ?
Ce serait oublier l’ampleur immense des défis que nous devons relever. Le risque est grand qu’à la faveur de la troisième révolution industrielle – celle des nouvelles technologies – le fossé numérique, économique, social et cognitif entre riches et pauvres, qui ne se confond déjà plus avec le clivage Nord-Sud, ne se creuse encore davantage. Plus que jamais, la questio cruciale du partage universel des savoirs, de l’échange entre les cultures et de la préservation de la diversité culturelle fait retour sur l’agenda mondial. C’est dire si le monde nouveau qui point à l’horizon nous impose de repenser les termes même du contrat social. La grande transformation en cours appelle une refondation politique et sociale à l’échelle mondiale, que nous avons proposé de centrer sur quatre contrats mondiaux esquissés dans le rapport de prospective Un monde nouveau et approfondis dans Les Clés du XXIe siècle et Où vont les valeurs ? Nouveau contrat social fondé sur l’éducation pour tous tout au long de la vie, contrat naturel, contrat culturel et contrat éthique en constituent les axes principaux.
Thucydide disait : « un homme d’Etat ne doit pas avoir seulementles mains propres, il doit avoir aussi les yeux propres ». Cette mission prospective relève fondamentalement de la politique. Car celle-ci, selon Max Weber, est l’art de gérer le temps, de le structurer : « l’affaire propre de l’homme politique, notait-il, c’est l’avenir et la responsabilité devant l’avenir ». Or, si les futurs possibles – les futuribles comme les appelait Bertrand de Jouvenel – sont nombreux, sont-ils tous nécessairement souhaitables ? Le futur souhaitable – les futurs souhaitables, pour les sociétés humaines dans leur diversité – sont ceux qui offrent à l’humanité un avenir humain. En nous demandant « où vont les valeurs ? », nous ne saurions éluder la question : qu’allons-nous faire, nous, des valeurs ?
Préparer l’avenir requiert une éthique pour le futur, une éthique du temps.
Osons donc parier sur l’avenir : et si c’était par le savoir et la diffusion des savoirs que devait se réaliser la refondation que nous appelons de nos vœux ? Car le savoir est essentiellement création, renouvellement, accompagnement cognitif du changement. De toute évidence, dans les sociétés du savoir en émergence, nous ne manquerons pas de valeurs, bien au contraire. Notre problème ne sera pas celui de la perte, mais du choix.
J’ai évoqué tout à l’heure le grand chantier du XXIe siècle que va représenter le projet de l’éducation pour tous tout au long de la vie. Quel lien entretient-il exactement avec cette crise et ce renouvellement des valeurs que j’ai évoqué ?
L’éducation tout au long de la vie n’est pas seulement une affaire d’enseignants, d’experts, de technologies et d’investissements. Elle est en relation avec des évolutions de fond qui travaillent les sociétés. Au risque de surprendre, je dirai qu’elle entretient un rapport secret, peu perçu jusqu’ici, avec l’actualisation du mythe de Faust au XXIe siècle. Rester jeune n’est plus désormais un rêve ou un désir faustien, mais l’impératif catégorique de la société de la performance et de la séduction, une société de l’écran, de l’image et du miroir. Mais, ce phénomène recouvre une évolution plus profonde. De l’ensemble des révolutions du siècle découle un formidable bouleversement de société. Jadis, la jeunesse était un moment, fugace, un âge de la vie, l’âge de la rose, de la fleur éphémère et vite fanée, l’objet de l’élégie. Aujourd’hui, les distinctions entre les trois âges de la vie s’estompent. Chacun de nous peut vivre, au moins potentiellement, plusieurs vies, ce qui remet en cause les schémas de la famille, comme le montre la hausse considérable des divorces et la remise en cause des modèles matrimoniaux classiques dans nombre de sociétés.
Les anciens parlaient de « vies parallèles », peut-être parce qu’ils ne vivaient qu’une seule vie, mais il va nous falloir sans doute penser de plus en plus en termes de vies successives, et de métiers successifs. L’extrême labilité des systèmes économiques et sociaux, l’espérance de vie accrue, pousseront de plus en plus dans ce sens.
De même, autrefois, la plupart de ceux qui se mariaient n’avaient, au cours de leur existence, qu’un seul conjoint. Mais cette vie et cette union étaient le plus souvent brèves, du fait de la mort précoce de l’un des deux conjoints ou des deux. La fragilité des unions aujourd’hui vient d’un phénomène inverse : l’espérance de vie est si longue qu’il y a place pour
plusieurs unions, même de longue durée.
Sommes-nous entrés dans « le meilleur des mondes » prophétisé par Aldous Huxley dès 1932 dans son fameux roman d’anticipation ? Certains observateurs le pensent. Le romancier Michel Houellebecq, auteur des Particules élémentaires est sans doute de ceux là. « J’ai toujours été frappé, déclare l’un de ses personnages, par l’extraordinaire justesse des
prédictions faites par Aldous Huxley. Contrôle de plus en plus précis de la procréation, qui finira par un jour ou l’autre à aboutir à sa dissociation totale d’avec le sexe, et à la reproduction de l’espèce humaine en laboratoires dans des condition de sécurité et de fiabilité génétique totales. Disparition par conséquent des rapports familiaux, de la notion de paternité et de filiation. Elimination, grâce aux progrès pharmaceutiques, de la distinction entre les âges de la vie. Dans le monde décrit par Huxley, les hommes de 60 ans ont les mêmes désirs qu’un jeune homme de 20 ans. Puis, quand il n’est plus possible de lutter contre le vieillissement, on disparaît par euthanasie librement consentie ; très discrètement, très vite, sans drames. La société décrite par Brave New World est une société heureuse, dont ont disparu la tragédie et les sentiments extrêmes. La liberté sexuelle y est totale, plus rien n’y fait obstacle à l’épanouissement et au plaisir. Il demeure de petits moments de dépression, de tristesse et de doute ; mais ils sont facilement traités par voie médicamenteuse. « Avec un centicube, guéris dix sentiments ».
Peu d’observateurs ont été aussi loin dans la critique de la juvénilisation des sociétés que Michel Houellebecq, car il a probablement touché du doigt – bien mieux que les mélancoliques détracteurs du jeunisme - à la fois l’irrésistible force d’attraction de l’utopie juvénile et son point le plus faible : là où la remise en cause des âges de la vie pourrait menacer, dans sa tyrannie instantanéiste, la capacité de transmettre :« accepter l’idéologie du changement continuel, écrit-il, c’est accepter que la vie d’un homme soit strictement réduite à son existence individuelle, et que les générations passées et futures n’aient plus aucune importance à ses yeux ».
La juvénilisation sera-t-elle l’une des utopies majeures du XXIe siècle ? Nous avons déjà évoqué cette question aux Entretiens du XXIe siècle que j’organise à l’UNESCO, lors de Dialogues du XXIe siècle qui avaient abordé la question de la «juvénilisation » des sociétés, puis lors d’une séance que j’avais intitulée ironiquement : « Demain, de plus en plus
jeunes ? », et je résumerai l’argumentation passionnante qu’avait alors développée Jean-Joseph Goux et qui est reprise dans les Clés du XXIe siècle.
Durant des siècles notre pensée de l’histoire et des sociétés a été dominée par le paradigme des âges de la vie, qui a servi de modèle pour concevoir l’évolution de l’humanité. Voyez Pascal, Hegel, Auguste Comte, et même Kant : l’Histoire n’était finalement pensée que sur le modèle du processus éducatif individuel, et donc des âges de la vie. Mais aujourd’hui, qu’est-ce que l’adolescence, la jeunesse, la maturité ? Tout se passe comme si le mot d’esprit de Hergé, « les jeunes de 7 à 77 ans », était devenu un programme de vie. Dès lors, la notion d’état viril de l’intelligence, dont parlait Auguste Comte, ou celle de « majorité » de l’humanité qu’évoquait Kant ont-elles encore un sens ?
L’hypothèse de Goux est donc la suivante : « ce n’est pas un hasard si les perturbations actuelles dans la représentation admise des âges de la vie sont contemporaines d’une crise de notre représentation de l’histoire. […] On pourrait aller jusqu’à soutenir que la source essentielle de la crise post-moderne est justement le bouleversement anthropologique qui affecte la signification des grands moments existentiels de l’individu et particulièrement les passages, autrefois fortement marqués et ritualisés, entre adolescence, jeunesse et maturité ».
« Que signifie la maturité, ou l’âge viril, écrit Goux, dans un monde où les ancêtres n’offrent plus de modèle absolu et intangible de cet accomplissement ? […] Dans ce renversement pascalien des rapports traditionnels entre les pères et les fils, les ancêtres et les successeurs, se profile un drame oedipien. Ce drame, entrevu par les Grecs, à l’époque de leur essor rapide et de leur aventure démocratique encore imparfaite, prend un sens aigu, radical et universel quand se constitue notre modernité. Le meurtre du père ne serait pas le fantasme passager d’un fils orgueilleux et impatient qui souhaite inconsciemment le remplacer, comme le décrit Freud. Il serait l’éviction structurelle […] des ancêtres, l’évitement de toute initiation, qui résulteraient d’une orientation progressive du temps donnant la primauté au présent, constamment valorisé, du fils sur un passé ancestral constamment dévalué, qui n’est plus érigé en modèle régulateur, insurpassable et sacré ».
Demeure alors l’idée d’un passage perpétuel, qui ne passe plus de l’enfance et de la jeunesse à l’âge mûr et à la vieillesse, mais qui reste en permanence un passage. Alors, serons-nous, demain, de plus en plus jeunes ? Une telle interrogation, même si elle est ironique, est en phase avec les éthiques qui caractérisent la modernité, et encore plus la post-modernité : éthiques sans obligations ni sanctions, éthiques de la liberté, de la disponibilité, du jeu et de la plasticité. Ces philosophies, trait notable, sont des philosophies fondamentalement non-adultes, qui ont érigé en moment perpétué l’état de crise de l’adolescence. Ce sont des éthiques d’artiste, de jeune, d’enfant, et ce n’est sans doute pas un hasard si ces figures ont dominé la créativité philosophique depuis Nietzsche jusqu’au post-modernisme. Elles présentent l’être humain commeprojet
perpétuellement inachevé. Elles vont de pair avec la remise en cause des grands récits de l’émancipation ou des philosophies de l’histoire. La juvénilisation de la culture et de la société, non seulement en Occident, mais aussi, de plus en plus, dans les sociétés du Sud, ne seraient donc pas des phénomènes de mode, imputables à je ne sais quelle idéologie « jeuniste », mais des traits fondamentaux de l’évolution historique : le paradoxe, comme le note J.–J. Goux, serait que cette « juvénilisation est à la fois la conséquence inéluctable de l’émergence d’une civilisation progressiste, en même temps (…) que le noyau imaginaire qui déconstruit à la base toute idée progressiste de l’Histoire, au sens hérité des Lumières ». la place de Prométhée délivré verrons-nous régner Narcisse et Orphée ?
Qui ne voit cependant que cette métamorphose est, au fond, en symbiose non seulement avec l’univers des images associé au « jeunisme » et à son exploitation par le marché, mais surtout avec la grande révolution industrielle en cours - celle des techniques de l’information, marquée par une rapide obsolescence des savoirs et des compétences ? C’est là que l’hypothèse de la juvénilisation des sociétés rencontre nécessairement l’un des grands chantiers que s’est assigné l’UNESCO : l’éducation pour tous tout au long de la vie. Cet objectif, qui est proposé dans le Rapport Delors et dans le Rapport mondial de l’UNESCO Vers les sociétés du savoir, et que s’est assigné la stratégie de l’UNESCO dès 1990, est essentiel dès lors que l’obsolescence des savoirs et des compétences bouleverse radicalement le rapport entre le jeune, qu est supposé ne pas savoir et devoir apprendre, et l’adulte, qui est supposé connaître et enseigner. C’est dans l’éducation que le brouillage des âges de la vie est désormais le plus manifeste. Et c’est ainsi que nous sommes entrés dans la société du recyclage incessant.
L’impératif de l’assimilation du nouveau, donc de l’éducation permanente, fait de chacun un élève à perpétuité et le place, qu’il le souhaite ou non, dans une position de jeunesse symbolique. A une époque d’obsolescence cognitive et technologique accélérée, maturité risque toujours de signifier paralysie plutôt que sagesse, arriération plutôt que perspicacité, optique périmée plutôt qu’autorité incontestée. Les possibilités ouvertes dans le domaine de l’éducation souple, non directive, permanente et à distance, par les moyens électroniques nouveaux, renforcent cette dynamique autant qu’ils la produisent et la précipitent ».
Je formulerai une hypothèse : et si cette évolution entretenait une connivence insoupçonnée avec un trait biologique fondamental de l’espèce humaine, avec ce que les scientifiques appellent la « néoténie » ?
La néoténie, c’est à la fois le retard et l’inachèvement du développement somatique d’une espèce, et le « rajeunissement progressif en tant que phénomène de l’évolution » pour citer le grand scientifique américain Stephen Jay Gould. Selon lui, « les humains sont des êtres néoténiques. Au cours de notre évolution, nous avons conservé à l’âge adulte les traits qui étaient originellement, chez nos ancêtres, ceux de la jeunesse »
Sur quoi se fonde l’argumentation de Gould ? Je le cite : « le crâne de l’embryon humain diffère peu de celui des chimpanzés. Au cours de leur croissance, les formes des deux espèces suivent le même chemin : diminution relative de la voûte crânienne, le cerveau se développant beaucoup plus lentement que le corps après la naissance, et l’accroissement relatif continu de la mâchoire. Mais alors que les chimpanzés accentuent ces transformations et que les adultes présentent un aspect extérieur profondément différent de celui du nouveau-né, nous poursuivons notre croissance beaucoup plus lentement et n’allons jamais aussi loin qu’eux. C’est-à-dire qu’à l’état adulte, nous conservons des caractéristiques de la jeunesse. »
S. J. Gould ajoute: « ce ralentissement sensible de notre développement a entraîné la néoténie. Les primates, comparés aux autres mammifères, ont un développement lent, mais nous avons accentué cette tendance plus qu’aucun autre mammifère. Nous avons une très longue période de gestation, une enfance qui se prolonge de manière remarquable et une longévité supérieure à celle de tous les autres mammifères. » Cette néoténie est en partie responsable de l’accroissement de la taille de notre cerveau. Mais elle est aussi, de manière surprenante, en étroite syntonie avec le thème de l’éducation tout au long de la vie que j’ai évoqué. Car, comme le souligne S. J.Gould, « nous sommes au tout premier chef des animaux capables d’apprendre et notre enfance prolongée permet la transmission de la culture par l’éducation. De nombreux animaux font preuve de souplesse et jouent durant leur enfance mais, devenus adultes, obéissent à des programmes rigides. » Or, selon Konrad Lorenz, « rester durablement un être en devenir, cette propriété si essentielle à la condition de l’homme authentique, est sans aucun doute un don que nous devons à la nature néoténique de l’être humain».
Poser la question : « demain, de plus en plus jeunes ? » revient à remettre en cause les conceptions de l’Histoire telles qu’elles ont été pensées jusqu’à nous et les conceptions même du futur et de la prospective. Je ne développerai pas en détail ce point, faute de temps, mais le paradigme de la mode et de l’innovation, poussé à son extrême, où « être jeune », ou le paraître, n’est plus un âge de la vie mais une condition sine qua non de la survie, remet en cause, en fin de compte, la conception même de l’histoire comme récit d’émancipation. Si la juvénilisation est l’utopie d’une initiation devenue impossible ou perpétuellement différée, le paradoxe est que l’éducation ne débouchera plus sur aucun roman de formation aucun « Bildungsroman ». Les représentations de l’histoire et du futur deviennent dès lors, très paradoxalement, dans un contexte d’innovation accélérée, illisibles, et irracontables, placées qu’elles sont sous le signe d’une auto-initiation impossible et interminable. Dès lors, « comment penser une évolution dans laquelle l’humanité deviendrait de plus en plus jeune à mesure qu’elle vieillirait, de plus en plus juvénile à mesure qu’elle accumulerait du savoir et des techniques ? Il y a là un paradoxe que le modèle moderne de l’histoire ne permet pas de penser, mais qu’il faut tenter d’éclaircir pour rouvrir l’horizon de l’histoire et le sens de l’utopie » (J.-J. Goux). Une histoire, qui, si j’ose conclure par ces mots, est peut-être, du fait même de cette juvénilisation, de plus en plus sans fin.

Jérôme Bindé
© UNESCO

4 Responses to “Conférence débat au Comité 748, l’UNESCO sur Second Life !!”

  1. david Says:

    C’est nul !

  2. vb Says:

    Quelques extraits de cette intervention:

    “Le crâne de l’embryon humain diffère peu de celui des chimpanzés. Au cours de leur croissance, les formes des deux espèces suivent le même chemin : diminution relative de la voûte crânienne, le cerveau se développant beaucoup plus lentement que le corps après la naissance, et l’accroissement relatif continu de la mâchoire.”

    “Ce qui distingue l’actuelle révolution technologique, ce n’est pas tant le rôle majeur du savoir et de l’information que l’application de ceux-ci aux procédés de création des connaissances et de traitement ou de diffusion de l’information. Ainsi se crée «une boucle de rétroaction (feedback) cumulative entre l’innovation et ses utilisations pratiques”.

    J’espère que le programme de Ségolène Royal n’a pas été construit sur la base d’interventions aussi loufoques, de chimpanzés et de boucles de rétroaction !

  3. POLI Says:

    J’ai commencé à lire le début du texte, puis en voyant la longueur du texte et la complexité des mots, j’ai abandonné la lecture. J’aime bien ce qui est court et concis et aller à l’essentiel, c’est une priorité dans ma vie.

    Quoiqu’il en soit j’ai bien aimé cette phrase juste: “si elle facilite l’émergence de sociétés du savoir pluralistes et participatives, qui incluent au lieu d’exclure”. A mon avis, la plus grande des richesses du savoir émane de la réunion d’individus qui mettent en commun leur savoir et leurs idées pour le bie de tous. Vous allez me dire celui-là, il p

    Mais j’espère trouver le temps nécessaire de lire la fin de ce texte très intéressant. Je rajouterais cette phrase qui m’a frappée: “On doit prendre en considération cet argument de la polarisation, mais sans en faire une fatalité. Le savoir peut en effet être un levier puissant dans la lutte contre la pauvreté et le sous-développement”. Je suis pour l’égalité des chances et pour le partage et tendre la main à une personne c’est normal si on est un minimum humain. Ce qui est inquiétant, c’est que les gens ne se mettent pas souvent à la place des autres et à leur portée. Il nous appartient à chacun de contribuer à cela.

    Ce serait bien que ce texte soit écrit avec des phrases plus simples afin que tout un chacun puisse avoir la même appréhension du texte.

    Merci de m’avoir accordé la possibilité de m’exprimer. Bientôt, ce sera un luxe…

    Très cordialement.

    ALAIN POLI.

  4. POLI Says:

    J’ai commencé à lire le début du texte, puis en voyant la longueur du texte et la complexité des mots, j’ai abandonné la lecture. J’aime bien ce qui est court et concis et aller à l’essentiel, c’est une priorité dans ma vie.

    Quoiqu’il en soit j’ai bien aimé cette phrase juste: “si elle facilite l’émergence de sociétés du savoir pluralistes et participatives, qui incluent au lieu d’exclure”. A mon avis, la plus grande des richesses du savoir émane de la réunion d’individus qui mettent en commun leur savoir et leurs idées pour le bien de tous. Vous allez me dire celui-là, il parle comme un livre. Mais, tant pis c’est ce que je pense.

    En espèrant de trouver le temps nécessaire de lire la fin de ce texte très intéressant. Je rajouterais cette phrase qui m’a frappée: “On doit prendre en considération cet argument de la polarisation, mais sans en faire une fatalité. Le savoir peut en effet être un levier puissant dans la lutte contre la pauvreté et le sous-développement”. Je suis pour l’égalité des chances et pour le partage et tendre la main à une personne c’est normal si on est un minimum humain. Ce qui est inquiétant, c’est que les gens ne se mettent pas souvent à la place des autres et à leur portée. Il nous appartient à chacun de contribuer à cela.

    Ce serait bien que ce texte soit écrit avec des phrases plus simples afin que tout un chacun puisse avoir la même appréhension du texte.

    Merci de m’avoir accordé la possibilité de m’exprimer. Bientôt, ce sera un luxe…

    Très cordialement.

    ALAIN POLI.

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